Se mettre en free, le saut dans le vide ?

Comment savoir si l’on est prêt et si l’on peut se mettre en free ? Le Freeandise Social Club vous parle des bonnes questions à se poser avant de se lancer. 

Vous êtes beaucoup à voir vos collègues passer du côté obscur de la force et devenir freelance et vous enviez leur courage, celui d’oser franchir le pas… Effectivement il en faut ! Mais avant tout, il faut se poser les bonnes questions et savoir ce qui vous attend : suis-je d’un tempérament angoissé ? ai-je la phobie administrative ? quel statut choisir ? mon réseau est-il assez solide ? quelle couverture pour les femmes en cas de grossesse ?

Tant de questions qu’il faut se poser et auxquelles nous vous aidons à répondre.

1.  J’Y VAIS, MAIS J’AI PEUR !

Une des premières réactions est de se dire : oui mais vais-je réussir à remplir mon agenda ? Cette angoisse est naturelle et réelle : si vous êtes d’un tempérament angoissé et que la perspective du calendrier vide est un vrai problème, être freelance n’est peut-être pas fait pour vous. Même si dans les faits, un bon free n’a pas de mal à trouver des missions. De plus, cela dépend beaucoup de votre métier. Si vous visez les métiers aux missions les plus courtes (type régie ou accompagnement voyage), il va falloir enchaîner les missions pour remplir votre agenda. Pour les métiers de missions longues (type suivi de projet ou gestion log ou prod d’un projet), ce sera certainement plus simple. Le mieux est d’avoir un profil « hybride » et de faire des missions ponctuelles, comme des missions nécessitant de la préparation.

Grâce à Freeandise, vous pouvez entrer vos dispo et période de travail dans un calendrier et ainsi remplir plus facilement vos périodes de creux !

2. MON RÉSEAU EST-IL ASSEZ SOLIDE ? 

Si vous quittez un poste fixe en agence, assurez-vous d’avoir dans vos contacts un maximum de freelances qui pourront vous recommander ou des contacts en agence (les anciens collègues ou boss qui sont allés voir ailleurs). C’est à eux qu’il faudra envoyer un petit message le jour J. Les free ayant les mêmes compétences que vous seront eux aussi les meilleurs alliés et ceux qui vous recommanderont le plus. Si je ne suis pas dispo, je recommande une de mes connaissances ayant le même profil que moi pour qu’elle fasse de même de son côté.

Si vous quittez l’annonceur sans aucune référence agence, attention, les agences ont plus de process que vous l’imaginez et aiment recruter des free à qui on n’a rien à apprendre. Alors une mise à niveau « agence » pourrait s’avérer nécessaire.

Ultime conseil : inscrivez-vous sur www.freeandise.fr.

Dans tous les cas, Freeandise vous permettra de vous faire connaître auprès de toutes les agences.

3. RAS LE BOL DE PARIS, JE PARS EN RÉGION !

Si vous vous mettez en freelance parce que vous n’en pouvez plus de Paris et que vous pensez travailler en free avec les agences parisiennes, attention ! Oui c’est envisageable mais à quel prix ? Beaucoup d’agences sont réticentes à l’idée de travailler à distance avec les équipes projet / prod ou log. C’est en revanche plus simple pour les créatifs. Vous allez donc vous couper de pas mal d’opportunités. Et si vous décidez de travailler avec Paris cela nécessitera certainement de passer au moins deux jours par semaine en agence, donc se priver de sa vie de famille.

Freeandise vise à promouvoir le télétravail et à rationnaliser le recrutement, notamment en favorisant le recrutement local pour les événements en région.

 

4. AI-JE (COMME UN CERTAIN MINISTRE QUI N’A PAS FAIT LONG FEU) LA PHOBIE ADMINISTRATIVE ?

Etre free, c’est compliqué. C’est certains mois une dizaine de fiches de paye, des factures à émettre et pour lesquelles il faut suivre les règlements, c’est peut-être changer de caisse d’assurance maladie, bref c’est de la paperasse ! De la paperasse ! De la paperasse ! Si vous avez la phobie administrative et si c’est maladif, ce statut n’est peut-être pas pour vous. Mais rassurez-vous, avec un peu de méthode, de la rigueur et de bons outils, cela reste parfaitement gérable.

Pour les free-preneurs, il existe des outils très bien faits ! Voici donc ceux recommandés par Freeandise

Pour les AE

L’application gratuite Tiime AE, pour gérer la compta de votre AE au quotidien (émission de vos factures).

Pour les autres types de société

Le Cabinet d’expert comptable Novaa. Spécialisé dans la compta freelance, Novaa vous permet une dématérialisation totale de votre compta via l’appli Tiime. Emission et suivi de facturation, paiement de la TVA, bilans comptable, frais, le tout directement synchronisé avec votre compte bancaire pro. Compter environ 1700 euros/an pour une comptabilité simple, contre 2000 environ pour un cabinet d’expert comptable classique.

Enfin; pour les contrats, un tableau excel fera très bien l’affaire !

5. QUEL STATUT VAIS-JE CHOISIR ?

Choisir un statut dépendra de votre métier. Mais aussi de votre tempérament ! Vous souhaitez conserver les avantages sociaux, optez pour les contrats CDD, intermittents ou le portage. La paperasse ne vous fait pas peur et vous avez des ambitions entrepreneuriales ? Monter une société est peut-être pour vous ! Mais attention aux pièges !

LA MAISON DES ARTISTES

Vous travaillez dans les arts visuels et graphiques, vous pouvez donc prétendre à facturer grâce à cette association.

Plus d’info : Site de la Maison des Artiste

LE RÉGIME GÉNÉRAL 

Par régime général, comprenez être recruté en contrat type CDD ou CDD dits « d’usage » (qui correspond à un recrutement dû à une hausse temporaire d’activité), en opposition à un contrat au régime des intermittents. Vous cotiserez à la caisse assurance chômage du régime général, soit la caisse classique, celle du commun des mortels, et vous serez à la Sécurité Sociale.

Le contrat en CDD est limité à 18 mois (avec deux renouvellements) et induit le règlement ou la prise de congés payés ainsi que le règlement d’une prime de précarité à l’issue du contrat. Cette dernière s’élève à 10% du montant total de votre rémunération sauf si vous êtes ensuite recruté en CDI).

Le contrat de type CDD d’usage est plus libre pour l’employeur mais toujours limité à 18 mois et est plus utilisé que le CDD classique. Si on vous propose ce type de contrat, attention à bien indiquer à l’agence d’ajouter les 10% de prime de précarité qui ne sont pas inclus (à l’inverse des congés payés qui vous seront réglés à chaque fin de mission). Un CDD reste un contrat précaire, pas de cadeau !

LE RÉGIME DES INTERMITTENTS DU SPECTACLE

Anciennement LE statut des freelance par prédilection de notre milieu. Pour quelle raison ? Tout simplement parce qu’historiquement, les premiers freelances du milieu ont été les techniciens et artistes qui venaient apporter leur expertise tout droit venue du spectacle vivant. Ce régime tend à disparaître avec le temps. En cause ? L’obligation de faire les fameuses 507 heures, la faible légitimité de ce statut quand on organise des conventions pour le CAC40 et le fait que l’indemnisation au régime général soit globalement aussi avantageuse dans la durée et qu’elle soit financièrement équivalente.

Globalement, à moins d’être technicien pur ou de travailler sur un événement où figure du spectacle vivant, une agence ne vous proposera plus vraiment l’intermittence.

L’AUTO-ENTREPRISE

Ce système de facturation, très en vogue depuis quelques années, est très simple à gérer. Une immatriculation auprès de l’urssaf est très vite faite, cependant, voici quelques mises en garde.

  • Ne dépassez jamais le seuil !!! Surtout si vous avez opté pour le prélèvement libératoire de l’impôt sur le revenu, au risque de voir votre entreprise basculer en micro-entreprise. Et voir votre imposition être entièrement recalculée !
  • Si vous créez votre AE en cours d’année, votre chiffre d’affaires maximal sera diminué au pro rata. C’est à dire que si vous créez votre AE le 1er juillet, vous ne pourrez faire que 50% du montant légal de CA pour une AE.
  • Attention aux arnaques sur internet ! Notamment si on vous demande de payer des frais pour la création ou par la suite, à travers des courriers frauduleux. Vérifiez bien sur internet avant de régler quoique ce soit.

Compatible avec le Pôle Emploi (mais ne permettant pas de cotiser), vous pouvez tout à fait tenter de facturer pour les agences ou les annonceurs qui préféreraient ce statut tout en continuant les contrats avec d’autres agences.

Comment je calcule mon tarif : le tarif jour brut d’une personne ayant l’expérience équivalente x 1,7.

Les charges en AE sont réduites,surtout les premières années si vous choisissez l’ACCRE qui vous permet de réduire vos cotisations sociales au démarrage. Vous serez donc tentés de baisser votre tarif jour. Mais là aussi, quelques mises en garde :

  • Vous risquez de casser le marché. Et là on glissera gentiment vers une « ubérisation » de nos métiers, ce que personne ne souhaite !
  • Pourquoi facturer moins que le marché ? c’est tout bénéf pour vous !
  • Le jour où vous ne bénéficierez plus de l’ACCRE ou que basculerez vers un autre type de société (parce que par exemple vous aurez atteint votre seuil de facturation), vos charges ne seront plus les mêmes. Vous devrez donc augmenter vos tarifs de 30 à 40%. Encore une fois, pas de pitié, cela reste un statut précaire, n’hésitez pas à facturer selon les grilles classiques.

Pour plus de renseignement : le site officiel de l’AE (attention, lautoentrepreneur.com est un autre site).

AUTRE TYPE DE SOCIÉTÉ 

SAS, SARL, EURL, les statuts et types de sociétés sont multiples et le choix de la forme juridique de votre future société dépendra de votre situation personnelle et familiale. Mais aussi de vos biens, de vos ambitions entrepreneuriales (ou non), bref, c’est pas Freeandise qui pourra vous répondre.

Un seul conseil : PRENEZ RENDEZ-VOUS AVEC UN COMPTABLE.

Plus d’information : http://www.novaa-expertise.com/ – dites que vous les avez connus via Freeandise :)))

LE PORTAGE SALARIAL

Le portage salarial permet de facturer aux agences tout en conservant un statut salarié et en continuant de cotiser à l’assurance chômage entre autre. Une bonne option si vous avez affaire à une agence qui ne propose pas de contrats, et si vous souhaitez conserver les avantages sociaux des salariés ! Mais toutes les agences ne l’acceptent pas car cela pourrait être considéré comme du salariat déguisé.

Comment je calcule mon tarif vendu. Tarif brut x 1,7 + 10% (commission de la société de portage). En général vous devrez intégrer ces 10% à votre tarif car les agences ne seront pas prêtes à la régler.

Attention à bien exiger votre contrat de travail à la société de portage, notamment en exploitation. En cas de contrôle de l’inspection du travail, vous devez être en mesure de le présenter.

6. QUELLE PROTECTION SOCIALE ?

Si vous êtes au régime général ou intermittent et que vous cotisez à Pôle Emploi et à la sécurité sociale, vos indemnisations seront équivalentes à celles de salariés ne bénéficiant pas d’avantages spécifiques.

Vous devrez tout de même vous acquitter d’une mutuelle qui ne sera pas prise en charge par votre employeur… puisque vous n’en avez pas !

Si vous êtes entrepreneur, il faudra en plus de votre mutuelle prévoir peut-être une prévoyance retraite (le RSI prévoit une cotisation retraite obligatoire mais très insuffisante). Mais aussi une mutuelle, une assurance professionnelle. Tout cela entrera dans vos charges et réduira donc votre impôt sur les sociétés mais cela reste des coûts à prévoir.

On vous conseille : Wemind, startup qui vise à couvrir les indépendants (santé, CE, juridique, logement) – dites que vous les avez connus via Freeandise 😉

7. OBLIGATION D’EXCELLENCE

Si vous êtes le roi de la boulette logistique, la princesse de la coquille sur le budget à 30K, alors attention ! Se retrouver sur la fameuse black-list d’une agence est vite arrivé ! 

On est beaucoup plus indulgent avec une personne en fixe en agence qu’avec un freelance. Pas de période d’essai ni de préavis de licenciement (surtout quand on est sur facture). Etre free c’est être irréprochable, flamboyant, majestueux, sur chaque mission ! De plus, les agences attendent de leurs free la fraîcheur, les idées innovantes mais également une intégration au mode de fonctionnement de l’agence, de ses codes et de sa culture d’entreprise.

Pour être free, il faut savoir mettre l’ambiance mais aussi savoir l’écraser. Faire preuve d’initiatives mais éviter les extravagances. Savoir s’affirmer tout en s’appropriant les codes de l’agence. Bref, il faut savoir mettre son ego de côté au profit du client. Alors si vous avez une grande gueule, que vous êtes soupe au lait, grincheux.se, et bien… travaillez sur vous !

De plus, attention à ne pas trop s’attacher à une agence ! Vous restez une main d’oeuvre externe, il est rare que les free soient invités à la soirée de fin d’année. Il faut donc bien comprendre qu’être free veut bien dire être seul(e). Mais pas d’inquiétude, les freelances s’organisent, c’est pour ça qu’il existe des espace de coworking, des coffee shops, où les free se retrouvent et travaillent seuls mais « ensemble ».

Copass par exemple permet d’acheter un pass donnant accès à une multitude d’espaces de coworking en France et dans le monde.

Autre exemple : Cohome vous permet de ne plus travailler seul chez vous et d’ouvrir vos portes à d’autres indépendants.

Membre Freeandise ? retrouvez toutes les adresses de coffee shop et de coworking sur le Mapstr de freeandise (appli gratuite) : @elisefreeandise17.

8. FOR YOU LADIES

La perspective de fonder une famille est un sujet d’inquiétude récurrent parmi les free que je rencontre. Rassurez-vous, c’est jouable, le fait d’être freelance permet même justement de mieux gérer sa vie perso. En effet, je choisis mes missions, mes horaires, mes vacances et surtout MA REMUNERATION ! Et donc sa vie de famille, mais attention, vous n’aurez pas les avantages des salariées.

Le montant d’un congé maternité au régime général dépend de vos revenus (parfois sur les 3 dernières années, je vous laisse compter les fiches de paye) et est plafonné à environ 2000€ / mois. Rappelons que les salariées touchent le montant de leur salaire.

J’entends beaucoup de femmes avoir peur de l’entreprenariat à cause du RSI. Personnellement, pour avoir testé les deux, j’ai préféré ma prise en charge du RSI : quelques formulaires à faire remplir à votre médecin et jusqu’à 8000 € d’indemnisation pour l’ensemble du congé maternité reçu sous 15 jours !

Faire une coupure plus longue est plus compliquée en revanche, surtout pour les cheffes d’entreprise.

Plus d’information : site du RSI / site de la sécurité sociale

BILAN

Mon but ici n’était pas d’inciter l’ensemble de la masse salariale de l’événementiel à se mettre en freelance, pas du tout. Beaucoup pensent que se mettre en free c’est la belle vie, un niveau de vie en hausse et de la liberté à revendre. Mais ce n’est pas pour tout le monde. C’est aussi beaucoup d’angoisse, une obligation d’excellence, des difficultés à obtenir un prêt (même si ce point évolue), beaucoup de paperasse, une moins bonne indemnisation à long terme (assurance chômage, assurance médicale, retraite). Bref, on ne se met pas en freelance à la légère. D’autant plus que nous sommes au début de cette révolution dans le monde du travail et que nous n’avons que très peu de recul sur ce statut et les conséquences à long terme d’un point de vue social.

Avant de vous lancer et surtout avant de monter votre société, réfléchissez bien ! Le salariat reste encore le régime le plus privilégié, en cas de maladie, de perte d’emploi, de grossesse, si on cherche à devenir propriétaire. Et entrepreneuriat reste un régime sur lequel nous avons peu de visibilité (indemnisation retraite, revenu effectif final, etc.).

En attendant, Freeandise vous permettra de maximiser vos chances de vous faire connaître, de vous former, de continuer d’être à la pointe de l’innovation grâce aux sessions de formation, de remise à niveau. Alors inscrivez-vous ! Participez activement aux activités du collectif pour vous faire connaître !

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